02.06.2020

Covid-19 : l'expertise Intelligence artificielle du CNES en coulisses

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Le CHU de Toulouse a sollicité les experts en intelligence artificielle du CNES pour déterminer la gravité de la maladie et prédire son évolution à partir d’échographies des poumons. Ce projet, qui repose sur une cohorte de 200 patients COVID-19, avance vite.

Actuellement, lorsqu’un patient atteint par le COVID-19 est pris en charge par l’hôpital, l’examen de référence pour évaluer la gravité de la maladie est le scanner thoracique. Cet examen aux rayons X nécessite de déplacer des personnes fragiles et contagieuses de leur chambre au service d’imagerie de l’hôpital, de leur faire traverser des couloirs, rencontrer de nouveaux infirmiers et médecins… Après l’examen, il faut 20 minutes au personnel pour désinfecter l’appareil avant d’y accueillir un nouveau malade !

Remplacer les scanners par des échographies pulmonaires

Pour soulager les équipes soignantes, éviter des contaminations et améliorer le suivi des patients, le CHU de Toulouse a eu l’idée — comme quelques structures en Italie et Chine — d'utiliser des échographies.

Habituellement, les échographies sont peu utilisées pour les poumons car, remplis d’air, ils ne renvoient pas les ultrasons : on ne voit rien ! Mais dans le cas du COVID-19, des lignes très caractéristiques, irradiantes du haut vers le bas du poumon, apparaissent indiquant la présence de lésions pulmonaires résultant de l’infection par le coronavirus. Les médecins parlent de lignes B « en fusée » ou de lignes verticales « en queues de comètes ». Le CHU de Toulouse a eu l'idée de faire appel à l’intelligence artificielle pour détecter automatiquement ces lignes B et a mis en place une cohorte de 200 patients COVID-19. Pour analyser automatiquement les échographies, le CHU de Toulouse a sollicité les experts en intelligence artificielle (IA) du CNES avec qui il était déjà en contact dans le cadre d’autres projets.

Face à cette maladie nouvelle nous avons l’obligation d’être innovants. Pour cela, des nouvelles collaborations doivent être établies. Le partenariat entre le CHU et le CNES est le parfait exemple de cette démarche, en termes de synergie et d’efficacité. 

Professeur Stein Silva, médecin Intensiviste-Réanimateur et Coordonnateur clinique du projet

 

Analyser automatiquement les  échographies

Depuis le 22/04/2020, le CNES a reçu les données anonymisées d'une soixantaine de patients, ainsi que les conclusions des médecins sur les images obtenues par scanner et échographie. « Nous avons testé 8 solutions basées sur des traitements d’image standard et des techniques d'intelligence artificielle pour retrouver le diagnostic des médecins. Au final, nous avons retenu 3 solutions – une de traitement d'image et deux d'intelligence artificielle.

Aujourd'hui, nous avons un système capable de donner une valeur qualitative et quantitative de l'atteinte pulmonaire.

 

Nos prochains objectifs sont de fiabiliser des modèles via des itérations avec le corps médical,  de préparer l'installation de la solution sur les moyens de CHU de Toulouse et de déterminer s'il est possible, en plus de déterminer le niveau de gravité de la maladie, de prédire son évolution afin d'anticiper les formes sévères » indique Eric Morand, coordinateur de l’équipe IA au CNES. « Nous réfléchissons aussi à un système pour équiper les hôpitaux de campagne, par exemple en branchant des Raspberry Pi  (nano-ordinateurs NDLR) à des échographes portables. »

Ce projet est l’illustration qu’en unissant les savoir-faire du spatial et de la santé, il est possible de développer de nouveaux outils au service du citoyen. Créer ces synergies est au coeur de l’initiative Connect by CNES et de MEDES, l’institut de médecine et physiologie spatiales, filiale du CNES en santé et dont le CHU de Toulouse est membre.

Source

Lire l’article publié le 02/06/2020 sur le site cnes.fr