27.11.2020

Lutter contre la désinformation sur l’épidémie

Desintox : le vaccin

Sommaire

En finir avec les "fake news" : décryptage des fausses informations et idées reçues relatives à l'épidémie de coronavirus.

 

La vaccination par ARN est une nouvelle technologie pour laquelle nous n’avons pas de recul.

FAUX. Il n'existait jusqu’à aujourd’hui aucun vaccin à ARN homologué. Cependant, les chercheurs y travaillent depuis plus de 20 ans et cette technologie a fait l’objet d’améliorations continues, qui ont largement contribué à sa sûreté.
L’immunité contre les coronavirus avait beaucoup été étudiée à l’occasion des alertes précédentes (SARS-CoV/Asie/2003, et MERS-CoV/Arabie Saoudite/2012). On savait donc qu’il était généralement suffisant de déclencher une réponse contre la protéine S pour obtenir une protection.

Par ailleurs, la vaccination de type acide nucléique (ADN, ARN) avait déjà été largement étudiée contre le virus Zika, le virus de la rage et le VIH, mais aussi contre les coronavirus SARS-CoV-1 et MERS-CoV sur des modèles animaux et dans des essais cliniques de phase 1 et 2. Ce sont donc des années de travail gagnées sur l’élaboration d’un vaccin contre le SARS-CoV-2.

Cette technologie « ARNm » est aussi utilisée dans des immunothérapie anti-cancéreuses. Actuellement, les vaccins à ARNm sont plus coûteux à produire que les vaccins classiques, mais présentent l’avantage d’être rapide à synthétiser, une fois la protéine immunisante identifiée.

Les vaccins de type ARN messager sont des thérapies géniques.

FAUX. La technique de l'ARN messager est bien inspirée des recherches autour des thérapies géniques, mais n'en est pas une. En fait, les thérapies géniques permettent de réparer la structure ADN de cellules. Or un vaccin dit à ARN est un simple code génétique qui demande aux cellules de fabriquer une protéine, Spike, pour faire croire au système immunitaire qu'il est infecté par le virus Sars-Cov-2 et qu'il fabrique des anticorps pour s’en protéger.
La technique de l'ARN messager est expérimentée depuis 20 ans. L'OMS la préconisait, avec celle des vecteurs viraux, en cas d'urgence.
 

Les vaccins à ARN modifient nos gènes.

FAUX. L’ARN ne pénètre pas dans le noyau des cellules où se situe l’ADN humain donc il n'y a pas de risque de modification du génome cellulaire.
Surtout, lors de la synthèse protéique, l’information circule dans le sens ADN → ARN → protéine. Il n’y pas dans notre organisme d’enzyme permettant d’inverser ce sens. Ainsi, les vaccins ARN ne peuvent pas modifier nos gènes (qui eux sont sous forme d’ADN).

A noter que ces vaccins ne sont pas nouveaux : ils sont utilisés en immunothérapie des cancers depuis plusieurs années sans effets secondaires notables. De plus, on utilise également des ARN dans d’autres contextes pour traiter des maladies génétiques. Ce sont des ARN plus petits, mais il s’agit des mêmes types de molécules chimiques. Elles sont utilisées à des doses infiniment plus fortes (5000 fois plus), avec des injections répétées, y compris dans le liquide céphalo-rachidien au contact du système nerveux. Ces stratégies vaccinales n’ont eu aucun effet secondaire significatif. La balance bénéfice/risque est donc extrêmement favorable.

Tout le monde doit se faire vacciner pour atteindre l’immunité collective.

FAUX. La vaccination contre une maladie contagieuse est un processus dont le but est double : protéger l’individu ET protéger le groupe par une immunité collective ou immunité de groupe, en bloquant (immunité parfaite) ou au moins en limitant (immunité imparfaite) les possibilités de transmission du virus.

L’immunité collective est calculée en fonction du niveau de transmissibilité du virus (le R0, estimé par exemple à 2,5) et l’efficacité du vaccin. L’efficacité faible d’un vaccin (60%) contre un virus ayant ce R0 demanderait de vacciner pratiquement toute la population. Une efficacité de 90% permettrait d’atteindre une immunité collective en vaccinant 60%.

Nous avons donc une responsabilité collective dans la vaccination contre une maladie, car notre immunité personnelle participe à la protection des plus fragiles. D’autant plus qu’en l’absence d’antiviraux efficaces, le seul autre moyen d’empêcher le virus de provoquer une maladie chez ses hôtes est un confinement partiel ou total.

Les vaccins Covid-19 rendent les femmes stériles.

FAUX. Les vaccins anti-infectieux ne peuvent pas rendre les femmes stériles. Il a été évoqué qu’un ARN codant pour la protéine Spike puisse entrainer la production d’anticorps contre des protéines humaines impliquées dans la gestation (comme la syncytine-1), mais aucun fait ne vient étayer cette supposition.

 

Un vaccin efficace à 90% est dangereux pour 10% des gens.

FAUX. Un vaccin efficace à 90% signifie que le risque d’être infecté par le virus après un contact à risque est divisé par 10. Être vacciné ne peut en aucun cas aggraver la maladie. Les vaccins ne procurent que rarement une protection à 100%, pour la grippe par exemple on considère que l’efficacité est selon les années de 60 à 70%.

 

Le vaccin contre le coronavirus va modifier l’ADN humain.

FAUX. Plusieurs vaccins candidats différents sont en cours d’essais cliniques dans le monde, mais aucun d’entre eux ne modifie l’ADN humain.

De nouvelles techniques sont utilisées pour développer de nouveaux vaccins à base d’ARN messager. Les vaccins à base d’ARNm ne contiennent pas d’agents pathogènes modifiés. Il s’agit d’injecter des brins d’ARNm qui portent une "recette" de protéine virale, cette "formule" est ensuite exprimée temporairement par nos cellules elles-mêmes. Au lieu de fabriquer le virus ou la protéine virale en laboratoire pour ensuite l’injecter, et induire une réaction immunitaire, l’ARNm permet de faire faire le travail directement aux cellules humaines.

 

Les volontaires recrutés dans les essais cliniques pour tester les vaccins contre la Covid-19 sont délibérément exposés au SARS-CoV-2 afin de tester le niveau de protection conféré par les candidats vaccins.

FAUX.  Les participants recrutés pour les grands essais cliniques vaccinaux menés en France dans le cadre de la plateforme Covireivac ne seront pas exposés de façon délibérée au virus. Pour savoir si un candidat vaccin est efficace, il faudra attendre que ces individus rencontrent le SARS-CoV-2 « naturellement » au cours de leurs activités quotidiennes pour ensuite comparer la proportion de personnes infectées dans le groupe recevant le vaccin vs dans le groupe recevant une substance non active (ou placebo).

Les vaccins contre la pneumonie protègent contre le nouveau coronavirus.

FAUX. Les vaccins contre la pneumonie tels que le vaccin antipneumococcique et le vaccin anti-Haemophilus influenza type B (Hib) ne confèrent pas de protection contre le nouveau coronavirus. Le virus est si nouveau et différent qu’il nécessite un vaccin qui lui est propre.