Publié le 05.02.2021

 

Déterminer le « Timing » approprié pour l’usage des interférons de type I dans la lutte contre la COVID-19

Sommaire

Une équipe de l’unité Interactions hôtes-agents pathogènes (IHAP) INRAE Occitanie-Toulouse-Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, en partenariat avec le laboratoire de la rage et de la faune sauvage ANSES de Nancy, et le Laboratory of histopathology de Public Health England (Porton Down) travaille actuellement sur un projet de recherche visant à déterminer comment les interférons de type I modulent l'évolution clinique de la COVID-19. L’étude TIMING a pour but de préciser quels pourraient être les bénéfices et les risques liés au traitement par les interférons de type I selon le moment de la mise en place du traitement.

Un traitement par interférons pour soigner la COVID-19

Les interférons (IFN) de type I sont de petites protéines produites naturellement dans le corps en réponse à une infection virale. Ils appartiennent à la famille des cytokines, dont la mission est de jouer le rôle de messager au sein du système immunitaire, dans le but d'organiser la défense de l'organisme face à une agression.

Les IFN de type I, utilisés dans cette étude TIMING, sont les principales cytokines antivirales. Ils stimulent l'expression des effecteurs antiviraux et régulent l'activation de diverses cellules immunitaires. De nombreuses études ont montré qu’un défaut de production des IFN de type I par l’organisme serait associé au développement des formes sévères de la COVID-19. Cependant, les interférons de type I ne sont pas toujours bénéfiques lors d'une infection virale, car ils peuvent provoquer une inflammation excessive. Dans le cas de la COVID-19, l'équilibre entre les effets bénéfiques et préjudiciables des interférons de type I doit être étudiée afin de préciser les modalités d’utilisation thérapeutique des IFN de type I.

L'objectif du projet TIMING est de déterminer le moment approprié du traitement par IFN qui pourrait éliminer l'infection et ainsi réduire le développement des symptômes et des lésions associées à la COVID-19, sans provoquer une inflammation excessive.

 

Trouver le « TIMING » optimal de traitement

Dans son étude, l’équipe Virologie de l’unité Interactions hôtes-agents pathogènes (IHAP) teste son hypothèse sur un modèle animal. En administrant l'interféron de type I à différents moments après l'infection, l’équipe étudie comment le moment de la réponse à l'interféron de type I module l'évolution clinique de l'infection.

Le projet permet de mieux comprendre les effets de la COVID-19 et pourrait par ailleurs conduire à l'identification de marqueurs biologiques qui sont en corrélation avec l'efficacité thérapeutique de l'interféron de type I.

 

Des résultats attendus par la communauté scientifique

Les premiers essais réalisés dans le cadre du projet TIMING montrent qu’une administration précoce d’IFN de type I réduit la charge virale et améliore les symptômes de la COVID-19. En revanche, une administration plus tardive n’aurait aucun effet sur la charge virale et sur l’évolution clinique de la COVID-19. Ces résultats scientifiques répondent à une question de santé publique majeure. En effet, des essais cliniques sont en cours chez l’homme et les résultats du projet TIMING pourraient permettre d’ajuster les critères d’inclusion dans ces essais cliniques en sléectionnant le moment de la mise en place du traitement IFN dans la lutte contre la COVID-19.

 

Le projet timing, lauréat de l'appel flash Covid de l'ANR

Dans la continuité de l’appel Flash lancé en mars 2020, l’ANR a lancé un nouvel appel à projets Recherche-Action en octobre 2020, sur COVID-19 (coronavirus disease 2019). Basé sur les recommandations de l’OMS, cet appel est venu soutenir rapidement les communautés scientifiques mobilisées sur le COVID-19 dans un contexte d’urgence.Le projet TIMING, lauréat de cet appel à projet a pour objectif de déterminer comment les interférons de type I modulent la réponse et l'évolution clinique de l'infection par le SRAS-CoV-2.Ce projet mobilise Romain Volmer, Gilles Foucras et Pierre Bessière, trois membres de l’unité de recherche Interactions hôtes-agents pathogènes (IHAP), sous la tutelle du centre INRAE Occitanie Toulouse et de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), en partenariat avec le laboratoire de la rage et de la faune sauvage ANSES de Nancy, et le Laboratotory of histopathology de Public Health England (Porton Down).

 

Un équipement sécurisé pour travailler sur les agents infectieux

L’équipe IHAP dispose d'un laboratoire L3 garantissant le confinement total des agents infectieux manipulés à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse. Le bâtiment est une enceinte entièrement confinée en dépression par rapport à l'environnement des laboratoires annexes, où sont manipulés des agents qui peuvent entraîner des pathologies graves: Prions, virus Influenza... Il est doté de systèmes de filtration absolue de l'air, de décontamination des eaux usées. Il comporte un double sas de sécurité avec douche, des fenêtres incassables et scellées hermétiquement, un accès hautement réglementé, réservé aux personnes autorisées et équipées de manière spécifique (blouses, gants, masques, lunettes, chaussons). Il intègre un autoclave à double entrée pour la désinfection sécurisée de l'ensemble des déchets.

 

Source

Lire l'article publié le 05/02/2021 sur le site de l'Inrae.