Publié le 11.08.2021

Étude ComPaRe : 1 patient sur 12 hésitant à se faire vacciner change d’avis après avoir compris les bénéfices/risques des vaccins

L’équipe du Centre d’épidémiologie clinique de l’hôpital Hôtel-Dieu AP-HP, de l’Inserm et d’Université de Paris, coordonnée par le professeur Philippe Ravaud, a développé un outil en ligne permettant de consulter les bénéfices et les risques de la vaccination contre la Covid-19. Présenté à un échantillon de patients chroniques de « ComPaRe », la Communauté de Patients pour la Recherche créée par l’AP-HP et Université de Paris, l’équipe a mesuré combien d’entre eux, précédemment indécis quant à leur vaccination, ont changé d’avis après avoir utilisé l’outil. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication le 31 juillet 2021 dans BMC Medical Informatics and Decision Making.

Convaincre la population hésitante de se faire vacciner est un sujet de préoccupation majeur dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Selon une étude récemment publiée dans le Lancet Public Health1, environ 30 % des adultes en France refuseraient catégoriquement la vaccination contre la COVID-19, et 9 à 40 % sont hésitants. Les principales raisons du refus de la vaccination sont l’inquiétude et la demande de plus de recul quant à la sécurité et à l’efficacité des vaccins.

En janvier 2021, l’équipe du Centre d’épidémiologie clinique de l’hôpital Hôtel-Dieu AP-HP, de l’Inserm et d’Université de Paris, a développé un outil en ligne mesurant le bénéfice/risque de la vaccination. Il permet notamment de visualiser le risque de décès, d’hospitalisation et de COVID long avec et sans vaccination, ainsi que les effets indésirables graves de la vaccination et ce, en fonction de l’âge et du sexe de la personne.
Les données utilisées proviennent de publications scientifiques publiées, accessibles librement sur internet. Les données concernant l’efficacité et la sécurité des vaccins qui ont été utilisées pour construire l’outil sont issues des essais cliniques ayant conduit à leur autorisation de mise sur le marché.

3 152 patients de la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe) ont participé à l’évaluation de cet outil. L’équipe de recherche a demandé aux participants d’indiquer leur intention de se faire vacciner avant et après avoir consulté l’outil. En comparant les réponses des patients avant et après, elle a pu ainsi déterminer l’influence que pouvait avoir la visualisation des bénéfices et des risques des vaccins sur la décision des patients.

Avant de consulter l’outil, 1 952 (62%) patients déclaraient vouloir se faire vacciner, 961 (30.5%) préféraient attendre d’avoir plus d’informations sur l’efficacité et la sécurité des vaccins avant de se faire vacciner et 239 (7.5%) ne voulaient pas se faire vacciner.

Après avoir consulté l’outil, 96 des 1 200 personnes initialement réticentes à la vaccination avaient changé d’avis. En moyenne, pour 12 personnes réticentes à se faire vacciner, une personne changeait d’avis après avoir consulté l’outil.

L’outil est depuis le mois de mai 2021 en ligne sur le site du gouvernement. Utilisé par plus de 125 000 personnes, il a été mis à jour avec les données du vaccin Janssen et complété par les données concernant le risque de thrombose après le vaccin AstraZeneca.

 

Créée en 2017 par l’AP-HP et Université de Paris, ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche rassemble aujourd’hui près de 45 000 patients volontaires partout en France.

 

À cette occasion, ComPaRe renouvelle son appel à participation en vue de rassembler 100 000 patients pour contribuer en ligne à la recherche médicale sur son site compare.aphp.fr.

Les participants contribuent à faire avancer la recherche sur leur(s) maladie(s) chronique(s) en participant régulièrement à des études scientifiques et en répondant aux questions des chercheurs via la plateforme sécurisée https://compare.aphp.fr.

Les participants contribuent à faire avancer la recherche sur leur(s) maladie(s) chronique(s) en participant régulièrement à des études scientifiques et en répondant aux questions des chercheurs via la plateforme sécurisée https://compare.aphp.fr.

Les patients participent à la cohorte générale et/ou à l’une des 13 cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites, à l’hypertension artérielle, à l’endométriose, l’asthme, la BPCO, le syndrome de Marfan, les neurofibromatoses et le Covid long.

Et de nouvelles cohortes sont en cours de constitution.

 

Source

Lire le communiqué de presse publié le 11/08/2021 sur le site de l'Inserm.