Publié le 13.01.2021

FAQ : traitements et prévention

Sommaire

 

La vitamine D a-t-elle un effet protecteur contre la Covid-19 ?

Malgré de nombreuses publications en ligne et sur les réseaux sociaux concernant la vitamine D, l’efficacité de la supplémentation face à la maladie demeure à ce jour incertaine. Le National Institutes of Health aux Etats-Unis et la Société française de pharmacologie ont d’ailleurs fait passer ce message, précisant que les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’il existe un éventuel effet protecteur contre la maladie.

Toutefois, plusieurs études sont actuellement menées sur le sujet, pour ouvrir des pistes de réflexion intéressantes. On peut notamment citer le fait que depuis 2012, des chercheurs de la Queen Mary University of London s’attachent à démontrer que la supplémentation en vitamine D aurait un effet de prévention sur les infections respiratoires aiguës avec des résultats encourageants actualisés en juillet 2020.

La vitamine D exerce un rôle dans l’immunité dite « innée », en stimulant les cellules immunitaires non spécifiques de l’organisme, première ligne de défense face aux infections. Elle aurait également un rôle dans la modulation de la réponse inflammatoire, d’où la question de son efficacité préventive ou curative face à la Covid-19.

Les données scientifiques actuellement disponibles sont insuffisantes pour statuer sur l’efficacité préventive ou curative d’une supplémentation en vitamine D face à la Covid-19. Ainsi, l’Académie Nationale de Médecine rappelle que la vitamine D ne peut être considérée comme un traitement préventif ou curatif de la Covid-19, qu’un dépistage de carence en vitamine D chez les patients atteints n’est recommandé que chez les sujets à risques, et qu’aucune supplémentation n’est mise en place en l’absence de carence.

Source : Société française de pharmacologie

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Les personnes du groupe sanguin O sont-elles protégées contre le SARS-CoV-2 ?

Au début de l’année 2021, 34 études ont rapporté une association entre le risque d’infection à la Covid-19 et le groupe sanguin. Ces études ont notamment pointé du doigts un risque diminué pour les personnes de groupe sanguin O, même si cette diminution reste relative. Ces premières données ont en outre déjà été confirmées par plusieurs méta-analyses.

S’agissant de l’impact du groupe sanguin sur la sévérité de la maladie. La plupart de ces travaux concordent pour dire que le risque est également diminué pour les personnes de groupe sanguin O, même si à ce stade avancé de la maladie, la différence n’est pas très marquée.

  • Une étude canadienne parue dans Blood Advance a montré que les patients de groupe A et AB étaient plus à risque de rester longtemps en réanimation.
  • En France, une étude dans le Journal of Clinical Medicine, portant sur des patients Covid hospitalisés ayant précédemment subi une chirurgie de remplacement de la valve aortique, a souligné que le fait d’appartenir au groupe A était le facteur prédictif de mortalité le plus significatif.
  • Une étude italienne a montré que chez des patients plus jeunes atteints d’une forme grave de Covid et ayant des antécédents d’hypertension, le risque de décès était trois fois plus élevé chez les non O que chez les O.

    De tels résultats devront être confirmés par des études s’appuyant sur de plus larges échantillons de patients.

Important
Appartenir au groupe O ne dispense en aucun cas des gestes barrières et des mesures habituelles de distanciation sociale, qui restent avec la vaccination les principales mesures de protection contre la Covid-19. Les personnes de groupe O peuvent être infectées et également transmettre le virus.

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Médicaments : où en est la recherche clinique ?

Plus de 1 500 essais cliniques sont conduits à travers le monde pour trouver des thérapeutiques efficaces contre la maladie. Ils évaluent des médicaments déjà disponibles, que ce soit des antiviraux ou des immunomodulateurs.

Certaines de ces molécules semblent réduire la durée des symptômes liés à la maladie, mais à ce jour, seuls les corticoïdes (dexaméthasone, hydroxycortisone) ont prouvé avec certitude qu’ils réduisaient la mortalité de plus de 30% dans les formes graves de Covid-19. Cependant, il est possible que l’association de plusieurs molécules permettent d’obtenir des résultats plus convaincants qu’avec des monothérapies. Les recherches se poursuivent donc.

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Traitements contre la Covid-19 : quelles stratégies ?

Parallèlement à la compétition pour les vaccins contre le virus SARS-CoV-2, une autre course mondiale se joue depuis les débuts de la pandémie : celle de l’arsenal thérapeutique destiné à soulager ou à soigner les malades de la Covid-19, avec plus de 1 500 essais cliniques en cours.

Trois grandes stratégies :

  • La première, virale, consiste à empêcher la réplication du virus afin de ralentir, voire d’interrompre, l’infection : c’est notamment le cas des antiviraux.
  • La seconde vise à renforcer l’immunité dans le but de diminuer le syndrome inflammatoire ;
  • La dernière s’attache à traiter les symptômes des cas graves.

En dépit d’un investissement médical sans précédent, les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes.
Face à l’urgence sanitaire, le repositionnement thérapeutique s’est imposé en première ligne dès les débuts de la pandémie. L’idée consiste à étudier le potentiel thérapeutique de molécules déjà disponibles dans la pharmacopée. Mais malgré les centaines de molécules candidates, les essais cliniques n’ont fourni que très peu de résultats convaincants.

Traiter les symptômes des cas graves
Certains anti-inflammatoires ont été identifiés très rapidement pour traiter les formes graves d’infection.
Les stéroïdes ont des impacts majeurs chez les patients qui démarrent des difficultés respiratoires. La dexaméthasone, une hormone de synthèse, réduit notamment le risque de décès d’un tiers pour les patients sous respirateur et d’un cinquième pour ceux sous oxygène. Mais ces médicaments diminuent parallèlement les réponses immunes du patient, ce qui l’empêche de se défendre par lui-même contre la maladie.
D’autres molécules ont par ailleurs été repositionnées en faveur de leur action sur les troubles de la coagulation chez les patients.
À ces médicaments s’ajoute une meilleure prise en charge des patients, comme une oxygénation précoce, au fur et à mesure de la compréhension de la maladie.

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Existe-t-il des traitements contre la Covid-19 ?

Les scientifiques du monde entier tentent de trouver et de mettre au point des traitements contre la Covid-19.

  • Les soins de soutien les plus efficaces sont l’oxygénothérapie pour les patients dans un état grave et ceux qui risquent de développer une forme grave de la maladie, ainsi qu’une assistance respiratoire plus poussée, comme la ventilation pour les patients dans un état critique.
  • La dexaméthasone est un corticostéroïde qui peut contribuer à réduire la durée de placement sous respirateur et à sauver des patients dans un état grave ou critique.
  • Les résultats de l’essai clinique Solidarity, coordonné par l’Organisation mondiale de la Santé, indiquent que les schémas thérapeutiques à base de remdesivir, d’hydroxychloroquine, de lopinavir/ritonavir et d’interféron semblent avoir peu ou pas d’effet sur la mortalité à 28 jours ou sur l’évolution de la maladie chez les patients hospitalisés. [En savoir plus]
  • Il n’a pas été démontré que l’hydroxychloroquine offre un quelconque intérêt pour le traitement de la Covid-19

Les études démontrent que l’hydroxychloroquine ne présente aucun avantage clinique dans le traitement de la Covid-19. L’hydroxychloroquine ou la chloroquine, un traitement employé contre le paludisme, le lupus érythémateux et l’arthrite rhumatoïde, a fait l’objet d’études en tant que traitement possible contre la Covid-19. Les données actuelles montrent que ce médicament ne réduit pas le nombre de décès chez les patients hospitalisés atteints de la Covid-19, ni n’aide les personnes atteintes d’une forme modérée de la maladie. L’utilisation de l’hydroxychloroquine et de la chloroquine est acceptée comme généralement sans danger pour les patients atteints de paludisme et de maladies auto-immunes, mais son utilisation lorsqu’elle n’est pas indiquée et sans surveillance médicale peut causer des effets secondaires graves et doit être évitée.

 

Qu’est-ce qu’un test groupé ?

Le principe des tests groupés est simple : plutôt que de tester cent prélèvements (un par individu), on peut rassembler ceux-ci en dix groupes de dix et réaliser un test pour chacun des groupes formés. Si le résultat du test d’un échantillon groupé est positif, alors au moins un des prélèvements du groupe contient l’agent infectieux. Inversement, un résultat négatif devrait indiquer, en principe, qu’aucun des prélèvements mélangés ne contient l’agent infectieux.
Moins coûteuse, plus rapide, cette méthode peut conduire à un résultat faussement négatif si le mélange induit une dilution telle que la quantité de virus dans l’échantillon testé devient inférieure à la limite de détection du test.
Des scientifiques du CNRS, de l'université Grenoble Alpes et de l'université Sorbonne Paris Nord ont mis au point un modèle mathématique estimant cet effet de dilution selon la taille du groupe d’échantillons. Ce modèle permet ainsi de quantifier la réduction de la sensibilité des tests et donc la capacité de tests groupés de plus ou moins grande taille à détecter la présence d’un individu contagieux. L’étude a été publiée le 4 mars 2021 dans PLOS Computational Biology.

En savoir + sur le site du CNRS

 

Quels sont les trois types de test existants et que détectent-ils ?

Les tests virologiques et les tests antigéniques recherchent la présence du virus dans l’organisme à un instant donné. Ces tests permettent d’établir si on est porteur du virus au moment du test.

Les tests sérologiques détectent les anticorps produits par l’organisme suite à l’infection par le SARS-CoV-2. Ils permettent de savoir si on a déjà été infecté par le virus, qu’on ait présenté des symptômes ou non.
 

Les tests virologiques

  • Ils détectent le matériel génétique du virus grâce à une méthode qui permet d’amplifier des fragments du génome viral présent dans un prélèvement (RT-PCR).
  • Il existe deux types de tests virologiques : ceux réalisés à partir d’un prélèvement nasopharyngé de cellules de la muqueuse respiratoire ; ceux, plus récents, réalisés à partir d’un prélèvement salivaire.
  • En moyenne, le virus est détectable dans les prélèvement nasopharyngés 2 ou 3 jours avant l’apparition des symptômes et 7 à 10 jours après environ. Il est donc peu utile de réaliser un test passé ce délai. Toutefois, certaines personnes conservent des traces de matériel génétique du virus au niveau de l’épithélium respiratoire une fois la maladie terminée. Il est donc possible qu’un test soit positif une à deux semaines suivant la fin des symptômes, alors que l’individu n’est plus contagieux.

Les tests antigéniques

  • Ils détectent une des protéines du virus (généralement la protéine de nucléocapside N) dans un prélèvement nasopharyngé ou nasal, simplement mélangé à un réactif.
  • La mise en œuvre du test est semblable à celle des tests de grossesse : quelques gouttes du mélange sont déposées sur une bandelette qui change de couleur en fonction de la présence ou de l’absence du virus dans le prélèvement.
  • Le résultat est connu en moins d’une heure.

Les tests sérologiques

  • Ils détectent des anticorps spécifiques dirigés contre le SARS-CoV-2, à partir d’un échantillon de sang. Ces tests sont réalisés en laboratoire.
  • Des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) sont disponibles en pharmacie de ville : ils reposent sur le même principe, sont plus faciles à réaliser, mais moins sensibles. Leur résultat nécessite une confirmation par un test sérologique en laboratoire.
  • Lorsqu’un test sérologique est positif, la présence d’anticorps indique qu’on a été infecté par le SARS-CoV-2, mais cela ne permet pas de savoir si on est contagieux, ni si les anticorps détectés nous confèrent une immunité contre une nouvelle infection.

En savoir plus sur le site de la Haute Autorité de Santé (HAS)

En savoir plus sur le site de l’Inserm

PCR, test antigénique, quelles différences ?

Depuis l’identification du génome du SARS-CoV-2, en un temps record, dès le mois de janvier 2020, plusieurs tests ont été mis au point. Pour détecter la présence du virus dans un prélèvement, deux méthodes sont mises en œuvre : la RT-PCR (réaction en chaîne par polymérase associée à une transcription inverse), et le test antigénique

  • La RT-PCR permet de détecter des quantités extrêmement faibles de virus mais nécessite d’acheminer le prélèvement depuis le laboratoire vers un plateau technique. Après y avoir inactivé le virus en le chauffant, son matériel génétique, l’ARN, est extrait puis mis au contact d’enzymes qui en font un très grand nombre de copies. C’est pourquoi de très faibles quantités du matériel génétique du virus peuvent être ainsi détectées. Pendant cette phase de réplication, si le virus était présent dans le prélèvement, on observe la fluorescence émise par l’échantillon qui augmente régulièrement avec le nombre de copies. Cette méthode est coûteuse en temps, en matériel et en personnel.
     
  • Plus rapide (de 10 à 30 minutes) mais moins sensible, le test antigénique révèle la présence de la protéine S, située sur l’enveloppe du virus, ou de la protéine N, située à l’intérieur. Ces protéines sont également appelées «antigènes». Le prélèvement est mélangé à des anticorps qui ne se combinent qu’avec la protéine ciblée, si elle est présente, et provoquent alors l’apparition d’une bande colorée. Mais la présence du virus n’est révélée ainsi que s’il est présent en grande quantité dans le prélèvement. C’est pourquoi la Haute Autorité de santé recommande de réserver ces tests aux personnes qui ont des symptômes et dans un délai maximum de 7 jours après leur apparition. Au-delà, la quantité de virus présente chez les patients risque d’être trop faible. Le prélèvement est à réaliser dans le nasopharynx car il contient plus de virus que la bouche ou la gorge.

En savoir plus sur la FAQ Universcience.

Tests Covid : pourquoi y a-t-il plusieurs voies de prélèvement ?

Pour déterminer si une personne est porteuse du SARS-CoV-2, on prélève des sécrétions provenant des voies respiratoires, car c’est là que le virus se loge et se multiplie. Mais il n’est pas présent partout de façon équivalente. On le trouve en abondance dans le pharynx.

La fiabilité du test est donc la meilleure quand le prélèvement est effectué en introduisant un écouvillon (grand coton-tige) par la narine, le long du plancher nasal jusqu’à la muqueuse du nasopharynx. L’écouvillon est ensuite placé dans un tube contenant un milieu liquide de conservation et sa tige est cassée de façon à fermer le tube. L’acte de prélèvement est désagréable sans être réellement douloureux, mais il peut être difficile à réaliser ou très mal vécu chez certains patients (enfants, personnes présentant des troubles psychiatriques, personnes très âgées). Dans ce cas il est possible d’atteindre le pharynx par la gorge (voie oropharyngée), ce qui est moins désagréable mais peut provoquer un réflexe nauséeux.

 
On peut également réaliser un prélèvement de salive, par simple crachat du patient ou à l’aide d’une pipette introduite dans la bouche, ce qui est beaucoup plus simple et moins désagréable. Cependant la concentration de virus est beaucoup plus faible dans la bouche que dans le pharynx.
Ce mode de prélèvement est donc réservé aux personnes qui présentent des symptômes depuis moins de 7 jours, car c’est dans cette phase de la maladie que la quantité de virus est la plus élevée.
De plus, un résultat négatif ne garantit pas une absence de virus, ce mode de prélèvement étant moins sensible que les autres. Les tests salivaires doivent être ensuite analysés par la méthode RT-PCR, la plus efficace. 

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Porter longtemps des masques chirurgicaux entraîne-t-il une intoxication au CO2 ?

NON. L’utilisation prolongée de masques chirurgicaux n’entraîne pas d’intoxication au dioxyde de carbone ni de manque d’oxygène.

Les masques, notamment chirurgicaux, sont conçus pour être portés pendant une durée de plusieurs heures par les professionnels de santé, sans entraver leurs capacités à travailler, ni altérer leurs capacités respiratoires.

Si certaines personnes peuvent se sentir gênées par le fait de porter un masque, c’est par manque d’habitude : ces protections sont développées de manière à laisser passer l’oxygène dans l’organisme.

Y a-t-il des preuves de l’efficacité des masques ?

OUI. L’efficacité du port du masque est documentée dans la littérature scientifique, avec un large consensus en sa faveur. L’OMS comme les autorités sanitaires considèrent le port du masque comme une mesure efficace pour limiter la propagation du virus, en plus de la distance physique et du lavage de mains. Il est d'autant plus efficace qu'il est massivement porté, car les porteurs se protègent mutuellement les uns les autres. 

Ecouter le podcast du CNRS : quelle protection apportent les différents types de masques face au SARS-CoV-2 ?

 

 

L’hydroxychloroquine présente-t-elle un avantage clinique dans le traitement de la Covid-19 ?

 

NON. L’hydroxychloroquine ou la chloroquine, un traitement employé contre le paludisme, le lupus érythémateux et l’arthrite rhumatoïde, a fait l’objet d’études en tant que traitement possible contre la Covid-19. Il ressort des données disponibles actuellement que ce médicament ne réduit pas le nombre de décès chez les malades de la Covid-19 hospitalisés et qu’elle n’apporte aucun bénéfice pour les personnes atteintes d’une forme modérée de la maladie.

Il est admis que l’utilisation de l’hydroxychloroquine et de la chloroquine ne présente généralement pas de danger pour les malades du paludisme ou les personnes atteintes d’une maladie auto-immune, mais son emploi en dehors de ces indications et en l’absence de suivi médical peut entraîner de graves effets secondaires et il convient de l’éviter.