Publié le 24.06.2021

 

Identification de deux voies d’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules : vers de nouvelles stratégies thérapeutiques

Pour développer des traitements limitant la propagation du SARS-CoV-2, virus à l’origine de la pandémie de COVID-19, l’idéal est de cibler les premiers stades de l’infection avant que le virus ne pénètre dans les cellules. Une étude, pilotée par INRAE et l’Université de Heidelberg en Allemagne, décrypte les mécanismes d’entrée du virus au sein des cellules. Les résultats, publiés le 23 juin dans la revue EMBO Journal, montrent que le virus utilise deux voies d’entrée : une rapide pour les cellules possédant une protéase* spécifique à leur surface, appelé TMPRSS-2, et une voie lente pour les cellules ne possédant pas cette protéase. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour développer des stratégies thérapeutiques qui cibleraient ces deux voies d’entrée du SARS-CoV-2.

Depuis début 2020, le virus SARS-CoV-2, causant la COVID-19, a infecté plus de 175 millions de personnes dans le monde et causé la mort de plus de 3,8 millions de personnes. Outre les vaccins, la stratégie la plus efficace pour limiter la propagation du virus est de cibler les premiers stades de l’infection pour empêcher le virus de pénétrer dans les cellules grâce à des traitements médicamenteux. Pour cela il est indispensable de comprendre comment ce virus pénètre dans les cellules. En s’inspirant des études faites sur le MERS-CoV, un autre coronavirus identifié en 2012 causant le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, l’équipe de recherche a étudié l’infection du SARS-CoV-2 sur différents types de cellules pour identifier la ou les voies d’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules.

 

Une voie rapide et une voie lente

Les scientifiques ont utilisé des modèles cellulaires reproduisant différents types de tissu comme les poumons, le colon ou les reins qu’ils ont infectés avec des virus SARS-CoV-2. Durant les analyses il est apparu que certaines cellules étaient infectées très rapidement, en moins de 10 minutes, tandis que l’infection des autres cellules prenait environ 50 minutes. Les scientifiques ont mis en évidence que toutes les cellules infectées rapidement possédaient à leur surface un récepteur, TMPRSS2, que le virus utilise exclusivement pour pénétrer dans ces cellules. Ces cellules se retrouvent notamment dans les poumons et les intestins, les organes où le virus est le plus fortement détecté. Lorsque le récepteur TMPRSS2 est absent, le virus empreinte une autre route, la voie endolysosomale, plus lente car elle implique de multiples mécanismes cellulaires. Pour cette voie le virus a notamment besoin d’un pH bas, c’est-à-dire un milieu acide, pour l’activité des protéases endolysosomales nécessaires à son activation, mais d’autres mécanismes également impliqués, comme le trafic intracellulaire des endolysosomes, peuvent être ciblés par des traitements thérapeutiques.

Ces résultats montrent que le virus a la capacité d’utiliser plusieurs mécanismes cellulaires pour infecter un plus grand nombre de type de cellule, ce qui pourrait expliquer son potentiel multiplicateur élevé dans l’organisme et sa force de propagation au sein de la population. Cela éclaire également l’inefficacité de certains types de traitement qui ne ciblent qu’une des deux voies. Cette étude ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de l’infection au SARS-Cov2 pour développer des stratégies thérapeutiques plus efficaces ciblant simultanément les deux voies d’entrée du virus dans les cellules.

 

Source

Lire le communiqué de presse publié le 24/06/2021 par l'Inrae.