Publié le 04.03.2021

Une étude réalisée dans les Hauts de France et le Pays de la Loire

La baisse des hospitalisations pour infarctus pourrait amplifier le bilan de l’épidémie COVID-19 de 30 %

En intégrant l’ensemble des centres hospitaliers qui prennent en charge les infarctus des régions Hauts-de-France et Pays de la Loire, une étude publiée dans « The Lancet-Regional Health » donne des résultats exhaustifs sur le nombre d’infarctus du myocarde constaté durant le confinement de la 1erevague épidémique. Les chercheurs ont ainsi constaté une baisse de 20% des admissions pour infarctus du myocarde à l’hôpital, induisant une surmortalité liée à la maladie en 2020.

Ces résultats sont issus d’une recherche bi-régionale (Hauts de France et Pays de la Loire) qui vient d’être publiée ce 1er février dans TheLancet-Regional Health, revue scientifique d’excellence. Portée à Lille par le Dr Flavien Vincent et le Pr Eric Van Belle de l’Institut Cœur Poumon du CHU de Lille et de l’Unité Mixte de Recherche U1011 (Inserm –Université Lille –CHU de Lille et Institut Pasteur de Lille), l’étude a intégré l’ensemble des centres hospitaliers, afin d’identifier de manière exhaustive les infarctus survenus chez des patients présents au sein des deux régions durant le confinement.

Une baisse d’hospitalisation de 20 % pour ces patients a ainsi pu être démontrée lors du 1erconfinement (18 mars au 10 mai 2020). « En incluant tous les centres plutôt qu'un échantillon, nous n'avons pas écarté les infarctus survenus chez les patients qui se sont déplacés au sein de la région pour leur confinement. Les études précédentes, qui montraient plutôt une baisse de 30 % des admissions, n'incluaient que les hôpitaux des grandes villes disséminées sur le territoire et ne tenaient donc pas compte des personnes ayant quitté les villes durant le confinement » explique le Pr Van BelleEric, premier auteur de la publication.

L’étude souligne par ailleurs que cette baisse du nombre d’hospitalisations pour infarctus pèsera lourd indirectement dans le bilan total des décès à lier à l’épidémie. Dans ces 2 régions, sur la période de 7 semaines étudiées, les chercheurs évoquent un chiffre proche de 600 patients qui ont présenté un infarctus sans être hospitalisés quand dans la même période 1800 patients sont décédés du COVID-19.

Enfin l’étude a mis en lumière les bénéfices des campagnes de sensibilisation sur les comportements de la population. Une campagne réalisée dans les Hauts-de-France a permis d'accélérer le retour à la normale, plus rapide qu'en Pays de la Loire. Face à ces nouvelles données significatives, le CHU de Lille rappelle l’importance de la continuité de soins, notamment dans le domaine des maladies cardiaques, même en période Covid.

 

Source

Lire le communiqué de presse publié le 04/03/2021 par le CHU de Lille.