Publié le 14.04.2021

 

La chimie mobilisée pour développer des nouveaux antiviraux

Une équipe du laboratoire Physique et Chimie Théoriques (LPCT - Université de Lorraine / CNRS), coordonnée par Antonio Monari, participe à un programme de recherche destiné à découvrir de nouvelles substances efficaces contre les virus à ARN, notamment le SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19. Le programme GAVO (Génération d’Anti-Viraux Originaux) a obtenu un financement exceptionnel de 700 k€ du Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), dans le cadre d’une action menée par l'institut de chimie du CNRS, pour des recherches plus que jamais d’actualité.

La pandémie actuelle nous rappelle notre vulnérabilité face aux virus, et plus particulièrement aux virus émergents à ARN (SARS-CoV-2, virus Zika, virus de la Dengue, virus Chikungunya, virus Ebola,...). Parallèlement aux vaccins, le développement d’antiviraux capables d’inhiber l’ARN polymérase virale, dont le rôle est central dans le cycle de réplication du virus, représente également une autre démarche majeure. Inhiber l’ARN polymérase par de petites molécules chimiques constitue une stratégie indispensable et complémentaire de la vaccination, avec notamment pour objectif d’offrir un traitement curatif efficace contre les formes sévères de la maladie.

Dans la lutte contre les virus, les analogues de nucléosides représentent plus de la moitié des solutions thérapeutiques sur le marché. Experte dans la simulation et modélisation moléculaire des systèmes biologiques, l’équipe d’Antonio Monari1 du laboratoire LPCT (UL-CNRS) se propose de mettre en évidence à l’échelle atomique les mécanismes d’action des polymérases pour permettre la conception rationnelle et par la suite la synthèse d’analogues nucléosidiques originaux. Objectif : découvrir de nouvelles substances efficaces contre les virus à ARN, notamment le SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19.

 

En lien avec le programme API2 en chimie en flux, le programme de recherche GAVO (Génération d’Anti-Viraux Originaux) s’articule autour d’un consortium de trois autres équipes3-5 de chimistes spécialistes des nucléosides. L’évaluation antivirale de ces analogues sera aussi effectuée par une plateforme dédiée (en partenariat dans le cadre du projet ViroCrib porté par l'institut de biologie du CNRS) sur un large panel de virus.

 


Représentation de l’ARN polymèrase de SARS-CoV-2 (en bleue) en train d’effectuer la réplication de l’ARN virale (en rouge). Les médicaments visés pourraient bloquer ces processus et empêcher la réplication virale

 

Notes :

  1. Antonio Monari, Laboratoire LPCT, UMR-7019, Université de Lorraine.
  2. Monique Mathé-Allainmat, Didier Dubreuil, Arnaud Tessier et Jacques Lebreton, Laboratoire CEISAM, UMR CNRS 6230, Université de Nantes.
  3. Julien Legros, Philippe Jubault et Thomas Poisson, Laboratoire COBRA UMR CNRS 6014, Université de Rouen Normandie. François-Xavier Felpin, Laboratoire CEISAM, UMR CNRS 6230, Université de Nantes.
  4. Jean-Jacques Vasseur / Michaël Smietana et Suzanne Peyrottes / Christophe Mathé, Institut des Biomolécules Max Mousseron UMR CNRS 5247, Université de Montpellier.
  5. Luigi Agrofoglio et Vincent Roy, Institut de Chimie Organique et Analytique (ICOA) UMR CNRS 7311, Université d'Orléans.

 

Source

Lire l'article publié le 14/04/2021 sur le site de l'université de Lorraine.