Publié le 15.01.2021

Le CEA-Liten désigné organisme-testeur référent pour les masques grand public

​Dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus SARS-CoV-2, et à la demande de la Direction Générale des Entreprises (DGE), la plateforme NanoSécurité du CEA-Liten, à Grenoble, se mobilise pour répondre au besoin de certification des masques grand public depuis le début de la pandémie. Le point sur cette mission.

Le 26 avril 2020, le CEA-Liten, via sa plateforme NanoSécurité, a été désigné tiers-compétent par la Direction Générale des Entreprises (DGE), pour l’évaluation de l’efficacité des masques grand public.

Les masques que l’on trouve dans le commerce sont de trois types : les masques chirurgicaux, les masques de protection individuelle, et, depuis l’apparition du SARS-CoV-2, les masques barrière (en textile), développés pour un usage non sanitaire. C’est sur l’évaluation des performances de cette nouvelle catégorie de masques à destination du grand public que nous avons principalement été sollicités. 

Samir Derrough, chef du laboratoire de Mesure, Sécurisation et Environnement

 

[Afin d’évaluer l’efficacité de ces masques,] nous générons un aérosol de façon contrôlée, c’est-à-dire que nous maîtrisons la taille, la concentration et la vitesse des particules qui sont transportées dans un tunnel ventilé. Dans ce tunnel se trouvent deux dispositifs de prélèvement, un qui reçoit l’échantillon du masque à tester, et l’autre sans échantillon pour mesurer l’aérosol présent dans le tunnel. On aspire donc le flux de particules à travers ces deux dispositifs de prélèvement, puis on fait le rapport des deux concentrations. Ce qui permet d’obtenir l’efficacité du filtre. 

Arnaud Guiot, technicien de recherche, et Bastien Pellegrin, ingénieur de recherche, à la manœuvre pour ce projet

Banc de test à la Plateforme NanoSécurité pour l’efficacité de filtration à 3 µm. © A. Sperandio / CEA-Liten

Les échantillons sont évalués suivant deux critères : leur perméabilité à l’air (ou respirabilité) et leur efficacité à retenir des particules (efficacité de filtration).

« D’après la note interministérielle du 29 mars 2020, la mesure d’efficacité pour les masques barrière doit être réalisée avec des particules de 3 microns. Mais pour les masques les plus efficaces (type FFP), l’efficacité doit être évaluée pour des particules plus fines (entre 0,1 et 0,2 µm), ce qui implique des dispositifs d’essais différents répondant à d’autres normes », soulignent les chercheurs.

Banc de test à la Plateforme NanoSécurité (PNS) pour l’efficacité de filtration à 0,1 µm. © A. Sperandio / CEA-Liten

« Dans certains cas, nous avons aussi pu accompagner des industriels dans leur démarche de développement de produits, en étudiant notamment des associations de différents tissus pour obtenir la configuration la plus efficace, tout en gardant une bonne perméabilité à l’air ».

Afin de garantir le maintien des performances des masques dans le temps, les tests d’efficacité et de respirabilité peuvent également être conduits sur des échantillons ayant subi des cycles de lavages (de 10 à 50 cycles, réalisés par d’autres organismes, tels que l’IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement)).

Depuis sa désignation comme organisme testeur référent, la plateforme NanoSécurité du CEA a déjà testé plus de 300 échantillons provenant de 30 industriels et institutions différents.

Tout industriel peut nous confier ses échantillons pour en évaluer la respirabilité et l’efficacité de filtration", précisent Sébastien Artous et Simon Clavaguera, ingénieurs de recherche sollicités également durant cette crise.

Les essais réalisés au CEA donnent lieu à un rapport permettant à l’industriel de garantir que son produit réponde au niveau de performance défini par la note interministérielle relative aux masques à usage non sanitaire. Le produit pourra ainsi être commercialisé avec la certification correspondante (UNS1 (masque à usage non sanitaire de catégorie 1), UNS2 (masque à usage non sanitaire de catégorie 2), « garanti pour X lavages »).

Zoom sur la plateforme NanoSécurité :Les équipes de recherches de la Plateforme NanoSécurité (PNS) travaillent depuis près de quinze ans sur les risques liés aux nanomatériaux. Le savoir-faire acquis, entre autres sur l’évaluation des moyens de protections individuels et collectifs vis-à-vis des nanoparticules aéroportées, est transposable aux aérosols contenant potentiellement des objets biologiques tels que le SARS-CoV-2.

 

Source

Lire l'article publié le 15/01/2021 sur le site du CEA.