Publié le 08.02.2021

One Health | RunCov, un nouveau test Covid-19 : des résultats en moins de 30 minutes

Aussi fiable qu’un test PCR classique mais beaucoup plus rapide, RunCov est un nouveau test de dépistage de la Covid-19, désormais officiellement agréé en France par le Centre National de Référence. Il a été mis au point au Pôle de protection des plantes par le Cirad, en partenariat avec le Cyroi, l’Université de La Réunion, le CHU, l'Anses et le MNHN. Ce test utilise une méthode d’amplification moléculaire dite RT-Lamp. Une méthode qui intéresse le Cirad depuis quelques années en santé végétale et animale, car pouvant se déployer sur le terrain à moindre coût.

RunCov est bien plus rapide qu’un test PCR classique, plus fiable qu’un test antigénique, et ne nécessite qu'un simple appareil portatif électrique pour fonctionner. Ce test est par ailleurs capable de détecter les trois principaux variants du Sars-Cov-2 (anglais, sud-africain et brésilien). Il a été mis au point par les experts du Cirad en diagnostic moléculaire en santé végétale, basés au Pôle de protection des plantes à La Réunion (voir encadré).

Isabelle Robène du Cirad, spécialiste en mise au point de méthodes de diagnostic de maladies des plantes, à l’origine du test RunCov, explique : « La méthode de référence (RT-qPCR) nécessite un passage obligé en laboratoire avec du matériel sophistiqué pour purifier et extraire les acides nucléiques. Avec cette nouvelle méthode, dite RT-Lamp - loop mediated isothermal amplification, on peut l’utiliser sur le terrain, dans un aéroport par exemple, à l’aide d’une petite machine portable ».

De plus, « la RT-Lamp utilise des réactifs différents de ceux de la RT-qPCR ce qui permet de s’affranchir des problèmes récurrents de rupture de stocks de réactifs » . Cette technique, basée sur l’amplification de deux morceaux du génome du virus se réalise directement sur l’échantillon clinique (prélèvement nasopharyngé), sans étape d’extraction du matériel génétique, ce qui permet d’obtenir en résultat en 5 à 25 minutes. « La sensibilité est de 90 % environ, même avec de faibles charges virales, ce qui réduit la probabilité de faux négatifs ».

L’approche One Health à l’œuvre

Cette nouvelle méthode de diagnostic a été éprouvée sur différents échantillons humains et animaux, afin de s’assurer de la spécificité de détection du Sars-Cov-2. « Ce travail a pu voir le jour grâce aux collaborations initiées à La Réunion, dans le cadre d’une task-force regroupant l’université de La Réunion, le Cyroi (Cyclotron Réunion océan Indien), le CHU et le Cirad dans une approche One Health » , précise Eric Jeuffrault, directeur régional du Cirad à La Réunion-Mayotte.

Depuis plus de 10 ans, les équipes du Cirad travaillent à la mise en pratique de l’approche One Health, en collaborant entre santé humaine, animale, végétale, en particulier dans l’océan Indien. « L’approche One Health permet des collaborations inédites à l’origine de solutions innovantes, comme le démontre RunCov. ».

L’objectif est de rendre RunCov opérationnel le plus rapidement possible, en identifiant les partenaires techniques en capacité de produire, distribuer et utiliser le test à grande échelle, dans une approche de bien public, pour l’ensemble des secteurs intéressés par cette innovation, dont le secteur aérien.

Ces travaux ont été co-financés par l'Europe, l'Etat français, la Région Réunion et le Cirad.

Le Pôle de protection des plantes, une infrastructure de recherche unique dans l’océan Indien. Le Pôle de protection des plantes (3P) accueille à La Réunion des équipes scientifiques (Cirad, Université de La Réunion, MNHN,…) spécialisées en pathologie et génétique moléculaire, entomologie, écologie… Celles-ci œuvrent à la protection des cultures et de la biodiversité réunionnaise, en proposant notamment des méthodes de diagnostic des maladies des plantes, de gestion écologique des ravageurs des cultures ou d’espèces invasives des milieux naturels, mais aussi en conservant des ressources biologiques dont certaines en voie de disparition. Infrastructure unique dans l’océan Indien, le 3P développe des fortes collaborations avec les autres îles (Maurice, Seychelles, Mayotte, Comores, Madagascar). Actuellement en chantier pour extension, cette plateforme de recherche deviendra en 2022 l'une des plus grandes infrastructures scientifiques du Cirad.

 

Source

Lire le communiqué de presse publié le 08/02/2021 sur le site du Cirad.