Publié le 09.06.2020

Stress, travail, médias... Comment avons-nous vécu le confinement ?

Sommaire

Expérience inédite, le confinement imposé en France entre mars et mai a inspiré les chercheurs de tous horizons. Détails et premiers résultats de leurs enquêtes sur le quotidien et le ressenti de la population.

Quelles sont les conséquences du confinement imposé du 17 mars au 11 mai en France pendant la crise sanitaire du Covid-19 ? Quel a été l’impact psychologique de ce « retrait » social ? Quelles répercussions sur le stress, l’activité physique, les habitudes alimentaires ou même la « consommation » d’informations ? Ces questions font l’objet de dizaines d’études lancées dans notre pays, notamment sur le vécu émotionnel et social, le bien-être avant et après le confinement ou les représentations de tout un chacun sur cette période, du sentiment de privation de liberté aux affres de l’ennui, en passant par la peur de la contamination. Tandis que d’autres études proposent déjà de partager nos opinions et réflexions sur un potentiel « monde d'après », ou ont analysé la façon dont le confinement a changé ou non la vie des Français, avec déjà de premiers résultats disponibles.

 

Le stress de l'école à la maison...

La géographe Lise Bourdeau-Lepage, du laboratoire Environnement, ville, société (EVS), s’est ainsi intéressée au quotidien des Français. « Il y a un clivage avec d’un côté un confinement qui “fait du bien” et de l’autre, des précarités et des inquiétudes professionnelles et financières fortes et des situations de profonde détresse psychologique », observe-t-elle.

Selon ses premiers résultats, on apprend que 90 % des enquêtés étaient plus inquiets que d’habitude pour leurs proches et que près d’un tiers des parents ont exprimé un stress important lié aux nécessités de faire l’école à la maison. Un tiers des personnes déclare avoir fait plus d’écarts alimentaires que d’habitude et près d’un quart avoir consommé plus de boissons alcoolisées. Le niveau de bien-être pendant le confinement a quant à lui nettement baissé : 41 % des participants l’ont évalué à 5 ou moins (sur une échelle de 1 à 10) contre seulement 9 % auparavant.

Plusieurs autres études analysent les conséquences des inégalités de lieu de vie sur le vécu du confinement, et la façon dont la crise nous affecte des points de vue sociaux et économiques. Une enquête menée par cinq laboratoires permet déjà d’identifier le profil des personnes qui se sont confinés ailleurs que dans leur logement (ils sont environ 8 % des répondants) : ce seraient des personnes plutôt jeunes et issues de classes favorisées. « Nous avons aussi étudié les relations sociales », commente Pierre Mercklé, sociologue au laboratoire Pacte. Résultats : plus de la moitié des enquêtés déclarent avoir augmenté leurs échanges avec leur famille depuis le début du confinement et plus d’un tiers avec leurs amis, même si les plus jeunes ont davantage perdu ou suspendu des contacts amicaux que les autres.

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À écouter :

Le blog Covid-19 : la parole à la science, avec les analyses de nombreux chercheurs sur le confinement ou sur la pandémie actuelle.

 

Source

Lire l'article dans son intégralité, publié le 09/06/2020, sur le site du CNRS