Publié le 17.09.2021

Un vaccin à ADN autorisé en Inde, pourquoi, comment ?

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Regards croisés de chercheurs sur la Covid-19 : vaccination. Le gouvernement indien a autorisé en urgence le 20 août dernier l’utilisation d'un vaccin à base d'ADN, développé par une société du pays. Une première chez l’homme. Décryptage avec Bertrand Séraphin, membre de l’équipe Réseaux et complexes protéiques régulant la dégradation des ARN messagers eucaryotes de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC).

Quelle différence entre ARN messager et ADN ?

L’ADN, c’est là où sont stockés les gènes, c’est une molécule plus grosse que l’ARN qui va contenir des signaux pour s’exprimer dans la cellule. L’ARN, lui, est directement prêt à être « converti » en protéine. C’est une copie de l’ADN qui contient l’information pour former les protéines, un peu comme un bon de commande. Le vaccin à ADN intervient ainsi une étape en amont par rapport aux vaccins à ARN messager de Pfizer ou Moderna. Dans le cas indien, l’ADN est introduit directement dans les cellules, avant d’être transformé en ARN pour produire une des protéines du virus et ainsi déclencher la réponse immunitaire.

Quels avantages ? Inconvénients ?

L’avantage, c’est que l’ADN est plus stable. Plus simple à produire, il peut être créé en grande quantité et conservé à température ambiante. Le bémol, c’est qu’il y a un risque plus important qu’il s’intègre dans le génome, ce qui pourrait en théorie entrainer certaines maladies. Mais c’est peu probable, d’autant que l’ADN est utilisé à grande échelle dans des vaccins pour les animaux. Nous avons déjà un certain recul.

Comment s’administre-t-il ? Est-il efficace ?

L’injection se fait sans seringue, en trois doses espacées de 28 jours, à l’aide d’une forte pression qui permet aux molécule d’ADN d’entrer directement dans les cellules. Le vaccin serait efficace à 66% mais pour l’heure, ce n’est pas validé par des publications scientifiques. Une efficacité moindre que Pfizer ou Moderna qui peut s’expliquer par l’instabilité ou la quantité plus faible d’ARN produit par ce vaccin.

 

Source

Lire l'article publié le 17/09/2021 sur le site de l'université de Strasbourg.