Publié le 09.08.2021

Vaccination Covid-19 : une grande étude de cohorte pour orienter les recommandations destinées aux plus fragiles

La cohorte ANRS COV-POPART – « cohorte vaccinale Covid-19 des populations particulières » – a été conçue pour évaluer la réponse immunitaire induite par les vaccins contre la Covid-19 au sein de différents groupes de personnes suivies pour une maladie chronique comparativement à des personnes en bonne santé. Elle est promue par l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes et portée par la plateforme COVIREIVAC coordonnée par l’Inserm et F-CRIN en lien avec 37 centres hospitaliers universitaires et un réseau de 10 laboratoires d’immunomonitoring, mais aussi avec le CMG-EC U1219[1]. Mise en place en mars dernier, cette cohorte, labellisée « priorité nationale » par la cellule interministérielle « recherche », vise à recruter 10 700 adultes et 810 adolescents. Elle compte à ce jour déjà plus de 5 700 inclusions. Les résultats attendus sont très importants pour les futures recommandations vaccinales concernant ces populations à risque de Covid-19 sévère adaptées sur le long terme.

Depuis quelques semaines, nous notons une reprise épidémique forte et constante à l’échelle internationale. Celle-ci est en partie due à la propagation des différentes mutations du SARS-CoV-2 et notamment à l’expansion du variant Delta, qui, connu pour être beaucoup plus contagieux que la souche virale dite « historique », se diffuse très rapidement et est désormais présent sur l’ensemble du territoire français. Les contaminations liées au variant Delta représentent à ce jour 81 % des nouveaux cas selon Santé publique France.

La vaccination est actuellement la seule solution pour freiner la pandémie en évitant notamment la survenue de formes graves et l’émergence de nouveaux variants.

 

Toutefois, bien que le nombre de prises de rendez-vous pour se faire vacciner ne cesse de croître depuis les annonces gouvernementales, au 22 juillet 2021, 5 millions de malades chroniques n’étaient toujours pas vaccinés. Disposer de données sur la réponse vaccinale et sa persistance dans les populations particulières est un enjeu majeur pour adapter au mieux les recommandations dans ces populations.

Les inclusions dans la cohorte se poursuivent et il est maintenant possible d’inclure les participants jusqu’à quatre semaines après qu’ils aient reçu leur deuxième dose de vaccin.

Pour rappel, elles concernent les personnes vaccinées ayant des pathologies pouvant affecter leur immunité : VIH-1, diabète (de type 1 ou 2), obésité, maladie auto-inflammatoire systémique et auto-immune (vascularite, lupus érythémateux, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin…), rhumatismes inflammatoires chroniques, sclérose en plaques (ou une inflammation du nerf optique), cancer (même sans traitement depuis 2 ans), allogreffe, ayant eu une transplantation d’un organe solide (poumons, foie, reins, cœur, pancréas), une insuffisance rénale chronique (stade 4 et 5) ou une hypogammaglobulinémie (faible taux d’immunoglobulines dans le sang).

La cohorte inclura également à partir du mois de septembre un volet pédiatrique (ANRS COV-POPART – Pédiatrique), qui sera d’abord ouvert aux adolescents âgés de 12 à 17 ans, 810 participants sont attendus.

 

Sept nouveaux centres hospitaliers rejoindront alors la cohorte.

 

Elle concernera 12 types de sous-populations (11 sous-populations de patients + 1 sous-population contrôle) :

  • Patients traités ou ayant été traités pour un cancer solide ou une hémopathie maligne
  • Allogreffés de cellules souches hématopoïétiques ou de moelle osseuse 
  • Patients avec un déficit immunitaire héréditaire 
  • Transplantés d’organes solides
  • Insuffisants rénaux chroniques dialysés ou non
  • Patients avec connectivite juvénile
  • Arthrites juvéniles idiopathiques 
  • Maladies auto-inflammatoires 
  • Patients avec syndrome drépanocytaire majeur
  • Diabétiques (type I) obèses ou non et obèses non diabétiques
  • Groupe « contrôle » : personnes âgées de 12 à 17 ans exemptes des conditions chroniques listées ou autres pathologies/sous traitement ayant une influence connue sur la réponse immunitaire.

Cette cohorte répond à une problématique de santé publique, puisque les résultats que nous obtiendrons permettront une adaptation des recommandations vaccinales dans ces populations particulières – immunodéprimées, atteintes de maladies chroniques et/ou âgées (> 70 ans) 

Pr Odile Launay, cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Cochin AP-HP, responsable du réseau I-Reivac et investigatrice coordinatrice de la cohorte, avec les Dr Paul Loubet et Linda Wittkop

 

Note :

  1. Le Centre de Méthodologie et de Gestion des Essais Cliniques de l’unité Inserm U1219, à Bordeaux.

 

Source

Lire le communiqué de presse publié le 09/08/2021 sur le site de l'Inserm.