Publié le 15.04.2020

ZooCov, un projet pour mieux prévenir la transmission du coronavirus de l’animal sauvage à l’homme

Sommaire

Le commerce des espèces sauvages et la consommation de viande d'animaux sauvages joue un rôle dans la transmission de pathogènes des animaux aux humains. C’est ce que révèle notamment la crise actuelle liée au Covid-19. L’augmentation de la consommation d’animaux sauvages, en particulier en Asie du Sud-Est, constitue ainsi une menace croissante pour la santé publique. Le projet international ZooCov, coordonné par le Cirad, entend développer un système flexible et intégré de détection précoce de la transmission du virus entre l'animal sauvage et l'être humain. Sélectionné par l'Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre d’un appel spécifique aux recherche sur les coronavirus, il contribuera à prévenir de futures pandémies de zoonoses.

 Plus de 70% des cas de maladies infectieuses zoonotiques émergentes sont d'origine sauvage. Les chauves-souris, en particulier, sont des hôtes naturels bien connus pour toute une série de maladies zoonotiques, qu’il s’agisse du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-Cov), du virus Ebola ou encore du virus SARS-CoV-2 à l’origine du Covid-19.

La consommation de viande sauvage reste très répandue, notamment en Asie du Sud-Est. Cette pratique soulève ainsi un problème de sécurité majeur : celui de la transmission potentielle d'agents pathogènes des animaux aux humains, qui peut mettre en péril des systèmes de santé publique déjà faibles. Comme le stipule le paradigme "One Health", "la santé des humains, des animaux et des écosystèmes est interconnectée".
 

Construire un nouveau système de surveillance

Afin de réduire ce risque de transmission, un projet mené par le CIRAD au Cambodge - ZooCov - doit démarrer prochainement. Il bénéficiera d'un financement de l'Agence nationale de la recherche visant à soutenir les communautés scientifiques françaises travaillant sur Covid-19*.

Le projet s’articulera autour de quatre axes de travail interconnectés :

  • identifier et analyser les principales chaînes commerciales des espèces sauvages dans deux zones pilotes du Cambodge ;
  • analyser les pratiques et les perceptions en matière de consommation de viande d'animaux sauvages ;
  • documenter et quantifier la présence et la diversité des betacoronavirus dans la viande d'animaux sauvages, et identifier les vecteurs d'infection animale et d'exposition humaine ;
  • élaborer un cadre méthodologique pour la détection précoce des transmissions virales de la faune sauvage à l'être humain, en utilisant les résultats des trois autres axes de travail.

Un tel système pourrait ensuite être étendu à d'autres pays et continents, y compris l'Afrique, qui constitue également une zone à risque d'émergence pour les maladies zoonotiques.
 

Une série de projets pour lutter contre le Covid-19

Les scientifiques impliqués dans le projet ZooCov coopéreront avec un autre projet sélectionné par cet appel ANR Flash, le projet DisCoVer, auquel le Cirad est également associé. Mené par l'Université de Caen et l'IRD, Discover sera axé sur l'histoire naturelle des réservoirs SARS-CoV-2 au Laos et en Thaïlande.

Par ailleurs, à court et moyen termes, les chercheurs préparent d'autres réponses aux prochains appels dédiés à la lutte contre le Covid-19, notamment dans les domaines de l'écologie de la santé et de la surveillance en Asie du Sud-Est.
 

*L'appel Flash de l’ANR est un dispositif qui permet de sélectionner et de financer des propositions dans un court laps de temps sans déroger aux principes de l'examen par les pairs.

 

Partenaires du projet ZooCov

  • Cirad
  • Institut Pasteur du Cambodge
  • Wildlife Conservation Society
  • Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • Université d'Hong Kong
  • Fauna and Flora International

 

Source

Lire l'article publié le 15/04/2020 sur le site du Cirad